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30 septembre 2006

New News out of Africa, de Charlayne Hunter-Gault

Les téléspectateurs de CNN au cours des dernières années connaissent sans doute Charlayne Hunter-Gault, longtemps correspondante de la chaine américaine en Afrique du Sud. Au terme de son parcours africain, la journaliste publie qui a les accents d'un plaidoyer pour une autre couverture médiatique de l'Afrique. Certains critiques lui reprochent, entre autres, d'être restée collée à l'Afrique du Sud, son pays de résidence professionnelle et de ne parler du reste de l'Afrique que de façon marginale.

Charlayne Hunter-Gault, New News out of Africa :  Uncovering Africa's Renaissance , Oxford University Press, USA

Uncovering Africa's Renaissance (W.E.B. Du Bois Institute)Présentation de l'éditeur

Widespread AIDS, constant internal strife and corrupt, shaky economies form the largely media-driven image of Africa that many Americans possess, argues veteran correspondent Hunter-Gault in this skillful blend of memoir, reportage and political analysis. The author is determined to deliver some "new news"—or good news—out of Africa, and to challenge facile assumptions that it is a dark, hopeless continent ravaged by the "four D's": death, disaster, disease and despair. Based on lectures Hunter-Gault gave at Harvard University in 2003, while a fellow at the W.E.B. Du Bois Institute for Afro-American Research, the book is divided into three distinct though intrinsically interrelated sections: an analysis of South Africa under apartheid and positive postapartheid developments; the painful yet powerful continent-wide transition from colonialism to democratic reform; and how foreign and African journalists can more accurately report an emerging "African Renaissance," particularly in Rwanda, Kenya, Mozambique, Angola, Ghana, Sierra Leone and Nigeria. Hunter-Gault (In My Place), who lives in Johannesburg, where she is special Africa correspondent for NPR, has written an incisive, informative work that provides a balanced perspective on the continent's recent past, transformative present and potentially rich future. (June)

Pour le trouver, visiter:

http://www.amazon.com/New-News-Out-Africa-Renaissance/dp/01951

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LA FRANCE QUE JE COMBATS, de Théophile Kouamouo

La France que je combats

Théophile Kouamouo, La France que je combats, itinéraire intellectuel et personnel, l’Harmattan, Paris, 2006

Né le 21 juin 1977 à Charleville-Mézières (France), diplômé de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille en mai 1999, Théophile Kouamouo a commencé sa carrière de reporter à L'Autre Afrique, hebdomadaire panafricain basé à Paris. Dès l'an 2000, il devient journaliste indépendant spécialisé sur l'Afrique, et travaille pour de nombreuses publications hexagonales dont L'Humanité, Le Point et France-Soir. En février 2001, il devient correspondant du quotidien Le Monde à Abidjan, et à ce titre couvre l'actualité de nombreux pays de l'Afrique de l'Ouest. En octobre 2002, il fait face à la puissante machine de désinformation mise en branle par l'exécutif français pour déstabiliser les institutions de la République de Côte d'Ivoire et quitte le grand quotidien parisien. De Fraternité-Matin au Courrier d'Abidjan, il s'engage alors dans ce qu'il considère comme la " résistance journalistique " contre la pieuvre françafricaine qui, du Biafra en Côte d'Ivoire en passant par le Liberia et la Sierra Leone, ensanglante l'Afrique de l'Ouest dans une guerre sans fin dont le seul but est de maintenir l'hégémonie de son Empire. Dans cet ouvrage, Théophile Kouamouo raconte son itinéraire professionnel et personnel, ainsi que tous les événements qui ont bouleversé sa vie en le faisant entrer, dans une période de larmes et de sang, dans l'histoire contemporaine de la Côte d'Ivoire. " Lisons donc ces paroles de Théophile Kouamouo, le journaliste, ces lignes de Théo, l'ami, car les deux nous parlent d'une même voix ; écoutons ce qu'il nous dit, car ce n'est pas seulement l'une des voix les plus brillantes, les plus percutantes, et les plus courageuses que le journalisme africain ait produit ; c'est aussi un homme jeune qui dans sa vie même, dans son parcours, dans ses errements et dans la perspicacité de son regard, peut représenter le plus fidèlement ce qui, dans les années à venir, sera une évidence en Afrique, qui l'est d'ailleurs déjà dans bien des pays : la prise de parole d'une génération d'Africains qui vit son indépendance tout simplement comme une évidence ".

Patrice Nganang.

Pour acheter La France que je combats, visitez le site des éditions l’Harmattan au http://www.editions-harmattan.fr

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Médias et pouvoir politique au Cameroun, Les journalistes face à la santé présidentielle, de Norbert N. Ouendji

Critique du livre

22 décembre 1997. Au lendemain de la finale de la coupe du Cameroun de football, Le Messager publie un article sous un titre interrogateur : "Le président Biya est-il malade ?" Sous la plume de Franck Essomba, le journal revient sur le "siège du chef de l'Etat [...] resté vide pendant une bonne partie de la seconde mi-temps". Citant des "sources dignes de foi", le journaliste rapporte : "pendant qu'il s'entretenait avec ses proches collaborateurs, le président a arrêté sa poitrine des mains, signe qu'il avait un malaise. On a alors fait venir son médecin personnel, qui l'a aussitôt examiné. [...] Il se serait agi d'un malaise cardiaque". L'article s'achève par un autre point d'interrogation : "Y a-t-il un grand malade à la tête de cet Etat où l'on ne publie pas de bulletin de santé du président ?"

Ce texte, écrit par endroits au conditionnel (doute ?), serait rapidement passé aux oubliettes si Rfi ne l'avait relayé sur les ondes internationales, semant ainsi la panique dans l'entourage présidentiel. Dès le lendemain, le directeur du cabinet civil de la présidence de la République inséra, dans Cameroon Tribune, un démenti contestant "tout fondement" à l'information du Messager. D'autres journaux, désormais intéressés par l'affaire, notamment La Nouvelle Expression et Cameroon Tribune, publièrent des articles qui indiquaient, détails à l'appui, que, pendant son absence de la tribune du stade, le chef de l'Etat recevait, tour à tour, plusieurs de ses collaborateurs au sujet de la presqu'île de Bakassi, alors envahie par le Nigeria.

Autoglorification

Le lendemain, 24 décembre, Pius N. Njawé est interpellé au siège de son journal et placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Douala. Après interrogatoire, il est inculpé de "propagation de fausse nouvelle" et écroué à la prison centrale de New-Bell, avant d'être jugé. Son procès, fort médiatisé, débouche sur sa condamnation à deux ans de prison ferme par le tribunal de grande instance de Douala. Peine qui sera ramenée à un an de réclusion par la cour d'appel du Littoral. A la suite de multiples pressions de la communauté internationale et des milieux de la presse, le célèbre bagnard bénéficie de la grâce présidentielle à deux mois de sa libération. Il retrouve enfin sa famille et ses collaborateurs.

Cette histoire a été au centre d'un mémoire de fin d'études en journalisme (Dut) à l'Institut universitaire de Technologie (Iut) de Bordeaux en 2001. Œuvre de Norbert Ouendji Ngatta, rédacteur en chef adjoint du Messager à l'époque des faits (et non moins proche parent de Pius Njawé), ce travail de recherche s'intitulait "Cameroun, médias et santé présidentielle - Analyse au regard de l'expérience française". C'est le fruit de ladite analyse, actualisée par l'auteur, qui a été publié en juin dernier sous la forme d'un essai, par la discrète maison d'édition française "Les Belles Pages", sous un titre plus englobant : "Médias et pouvoir politique au Cameroun : les journalistes face à la santé présidentielle". Un livre de 260 pages, qui ne laisse pas le lecteur camerounais indifférent.

Le livre de Norbert Ouendji Ngatta, aujourd'hui Chargé de mission auprès du directeur de la publication du Messager (entreprise qu'il n'a du reste jamais quittée), est écrit dans un style simple et alerte. C'est un récit qui s'étend sur sept chapitres. Très rapidement, cependant, le lecteur se rend compte que le titre de l'ouvrage est quelque peu trompeur. Volontairement englobant. En effet, excepté le premier chapitre consacré aux généralités sur la presse au Cameroun, l'essentiel de l'essai est consacré au journal de Pius Njawé. C'est-à-dire du chapitre 2 au chapitre 6, qui racontent successivement l'histoire du Messager, l'affaire du prétendu malaise cardiaque, et le procès qui s'en est suivi. Une réflexion sur la dépénalisation des délits de presse précède la conclusion.

Découlant d'un travail de recherche (donc scientifique), Médias et pouvoir politique au Cameroun surprend par la partialité de son auteur. L'ancien rédacteur en chef du Messager en profite pour régler leur compte à quelques confrères : La Nouvelle Expression, Mutations et Jeune Afrique sont tour à tour épinglés (lorsqu'ils n'épousent pas les thèses du Messager), biens qu'ils se soient mobilisés pour réclamer la libération de Pius Njawé. Le tort de ces journaux est d'avoir pris quelques distances avec l'article incriminé du Messager, du reste pas exempt de reproches.


Procès

Les "ennemis du journal" sont accusés d'avoir favorisé l'emprisonnement de Pius N. Njawé. Alors que l'auteur n'interroge aucun responsable des journaux en cause sur l'affaire, le directeur de publication du Messager est cité tout au long de l'ouvrage. Norbert Ouendji Ngatta donne une meilleure illustration de sa partialité en page 131 : "Ayant été impliqué dans le traitement de cette nouvelle, écrit-il, nous pouvons aujourd'hui affirmer que s'il fallait recommencer cet exercice, nous recommencerions".

Dans son oeuvre de victimisation de Pius Njawé, l'essayiste a choisi de ne point s'attarder sur l'exactitude de l'information publiée par Le Messager. Il évite logiquement le débat sur la critique contradictoire des sources. Et consacre en revanche tout un chapitre au "procès des sources", question d'expliquer - à tort sans doute - que le patron du Messager avait été condamné pour avoir refusé de trahir ses sources et non pour le caractère non fondé de l'information diffusée par son journal.

Médias et pouvoir politique au Cameroun reste cependant une mine d'informations. Qui aurait été moins partial si l'auteur n'avait pas choisi de jouer les avocats de son seul patron et tonton. En incluant des affaires présidentielles concernant d'autres journalistes (à l'exemple de l'incarcération sans jugement, à deux reprises, de Joseph Benyimbé, patron du Canard Libéré de l'époque, pour avoir parlé de la déchirure entre Ahidjo et Biya, d'une part, et du Safari de Valéry Giscard D'Estaing au parc de Waza, nul doute que cet ouvrage aurait évité, avec bonheur, de sombrer dans des querelles oiseuses de la presse camerounaise.

Christophe Bobiokono, Mutations (Yaoundé, Cameroun)

 

Norbert N. Ouendji, « Médias et pouvoir politique au Cameroun, Les journalistes face à la santé présidentielle »,  Les belles pages

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Justice à Arusha, de André-Michel Essoungou

Justice à ArushaPrésentation de l’éditeur

D’avril à juillet 1994 le Rwanda vit l’horreur. Un gouvernement en place, composé d’extrémistes hutus, a décidé d’éliminer la minorité tutsie. Cela s’appelle un génocide.

Mais il faut attendre juin 1994 pour qu’enfin la communauté internationale qualifie en ces termes les massacres du Rwanda. Pourtant les plus hautes autorités américaines, françaises, anglaises et belges ainsi que le Secrétaire général des Nations unies, sont informés de la préparation et de l’exécution du crime. Tout ce monde se refuse à l’action.

Et lorsqu’en novembre 1994, ces acteurs mettent sur pied le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), ils songent bien à lui interdire d’examiner leurs responsabilités dans le drame rwandais, avant de l’abandonner ensuite, au point qu’il ne fait la une des médias que pour les scandales qui marquent ses premières années d’existence. Bientôt mieux doté, le TPIR doit affronter les foudres du nouveau pouvoir de Kigali, décidé à lui interdire certains terrains d’enquête. De sorte que, plus d’une décennie après sa création, il n’a que très laborieusement accompli une mince partie de sa mission.

C’est en définitive une justice internationale politiquement très encadrée qui s’exerce à Arusha et dont les succès sont moins nombreux que les impasses auxquels elle fait face. Il convenait, d’en faire la chronique.

Justice à Arusha, un tribunal international politiquement encadré face au génocide rwandais, L'Harmattan, Paris

André-Michel Essoungou

Préface de Patrick de Saint-Exupéry

256 pages

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